Gyula Halász, dit Brassaï (1899 - 1984) - Lot 222

Lot n° 222
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Estimation :
20000 - 25000 EUR
Gyula Halász, dit Brassaï (1899 - 1984) - Lot 222
Gyula Halász, dit Brassaï (1899 - 1984) Vénus blanche II 1971 Torse en marbre Porte le monogramme de l'artiste "B" gravé sur la cuisse gauche H. 22 cm, sur une base en marbre noir H.6,3 cm Oeuvre non fixée sur sa base, petite restauration au coin antérieur droit de la base Littérature en rapport Alain Sayag, Brassaï, cat. exp., Paris, Musée national d'art moderne, 19 avril-25 juin 2000, Vérone (Italie), L'oeuvre photographique", Edition le Seuil, 2000 Brassaï, D. H. Kahnweiler, Les Sculptures de Picasso, Paris, Les éditions du Chêne, 1949 Galerie Verrière, Brassaï — Sculptures, Tapisseries, Dessins, préface/texte de Gaston Diehl, cat. exp, Paris, Galerie Verrière, 22 mars-24 avril 1972 Jean de Loisy, Formes simples, cat. exp., Metz, Centre-Pompidou Metz, 13 juin - 5 novembre 2014, Metz, Ed. du Centre Pompidou-Metz, 2014, p.182-184, p.187, p.200-202 ; Préhistoire : une énigme moderne, cat. exp., Paris, musée national d'art moderne, 8 mai - 16 septembre 2019, Paris, Centre Pompidou, 2019, p. 100. Être pierre, cat. exp., Paris, Musée Zadkine, 29 septembre 2017-11 février 2018,, Paris, Edition Paris Musées, 2017, p. 111 ; Page 1 sur 3 Un certificat d'authenticité rédigé par Philippe Ribeyrolles pour le compte de l'Estate Brassaï Succession en date du 13 octobre 2025 sera remis à l'acquéreur. Cette statuette en marbre poli aux formes simples et pleines appartient au rare et encore confi- dentiel corpus des oeuvres sculptées de Brassai. Bien que mondialement réputé comme photographe, Brassaï, pseudonyme de Gyula Halász est un artiste polymorphe et polyvalent. La sculpture est un medium qui l'a attiré tout au long de sa carrière. Il l'étudie d'abord lors de sa formation à l'École des beaux-arts de Budapest, avant de s'intéresser au geste créateur d'un certain nombre de ses relations en France, dont Albert Giacometti et surtout Pablo Picasso. En 1943, Picasso lui propose de photographier ses sculptures, un travail auquel il consacre près de trois ans. Une profonde amitié les réunis et Brassaï réalise des photographies dans l'atelier de Boisgeloup pour le compte de la revue Minotaure, puis pour le premier ouvrage sur son Oeuvre sculpté alors peu connu, livre qui contenait le texte de D.-H. Kahnweiler. S'il bénéficie dès la fin des années 1930 d'une reconnaissance internationale pour ses photogra- phies Brassaï, rejette toute idée de spécialisation. Il s'adonne à de nombreuses pratiques artis- tiques. Ses thèmes de prédilection sont transposés d'un médium à l'autre - dessins, sculptures, tapisseries - qui dialoguent et se répondent. Brassaï se lance dans la pratique de la sculpture à partir des années 1950 et plus régulièrement dans les décennies 1960-1970. Dans un texte qu'il publie à l'occasion de l'exposition de ses oeuvres sculptées tenue en 1972 à la Galerie Verrière dirigée à l'époque par Jeanne Bucher-Myrbor, l'artiste indique le chemin suivi qui l'amène à transformer des galets ramassés, d'abord dans l'Adour dans les Pyrénées, puis sur les plages de la côte méditerranéenne. Les formes simples et aléatoires de ces pierres qui tiennent dans la main et leur long façonnage lui apportent l'émotion et la sensualité du geste primaire et instinctif du toucher. Elles évoquent les premières oeuvres de l'humanité, les premières divinités maternelles telles que la Vénus de Lespugue ou les idoles cycladiques. Pour lui, comme pour un certain nombres d'artistes d'avant-gardes, le minéral redevient un terrain d'exploration à la fois onirique et tangible. La représentation du corps résumé à l'aspect le plus essentiel et synthétique dégage par son abstraction une expression "frémissante de vie". Ainsi explique-t-il son processus créatif: "La mer est un merveilleux sculpteur. J'ai eu cette révéla- tion sur un rivage des Pyrénées, il y a juste un quart de siècle. Frappé par la beauté que revêtent les galets, j'ai taillé mes premières sculptures en partant des pierres ramassées sur la grève. Lorsqu'érodés et polis par l'incessant va et vient des vagues les galets sortent manufacturés de la gigantesque usine marémotrice, ils sont autant de sculptures taillées on dirait par une main sensuelle. Elément d'un vocabulaire premier de l'art lapidaire, chargés de potentialités, ils peuvent suggérer un visage, une tête, un oiseau, un poisson, un corps humain selon l'imagination ou les obsessions de chacun. La reconnaissance est parfois immédiate, parfois il se passe des années jusqu'à ce qu'un galet vous parle et vous révèle son identité. Le "modèle" n'est jamais extérieur, il gît dans la pierre même. Et l'on n'a jamais la sensation d'inventer ou de créer, mais simplement de délivrer... Je suis persuadé que l'art est né non de forme inventées de toute pièce mais de celles auxquelles l'imagination pouvait donner une signification. J'ai dû obéir sans doute à de semblables injonctions." Une photo
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